Le mot vient du grec : geo, la terre, et thermos, la chaleur. La géothermie exploite l'énergie thermique contenue dans le sous-sol, que l'on capte à quelques mètres ou à plusieurs kilomètres selon l'usage.
Deux origines. La chaleur résiduelle de la formation de la planète, il y a quatre milliards et demi d'années, qui se dissipe très lentement. Et surtout la désintégration radioactive naturelle d'éléments contenus dans les roches de la croûte, principalement l'uranium, le thorium et le potassium.
Cette production interne fait que le flux de chaleur remonte en permanence vers la surface. La température augmente en moyenne de 3 degrés tous les 100 mètres, davantage dans les zones volcaniques ou de rift, moins dans les vieux socles.
C'est ce gradient qui rend l'énergie exploitable, et c'est aussi lui qui explique pourquoi certains pays (l'Islande, l'Italie, la Turquie) produisent de l'électricité géothermique, alors que la France l'utilise presque exclusivement en chaleur.
Les sources chaudes ont été exploitées depuis l'Antiquité : thermes romains, bains chinois, chauffage de bâtiments dans le bassin méditerranéen. L'usage moderne, systématique, s'est développé au vingtième siècle, et il s'est accéléré avec les préoccupations climatiques : la géothermie ne brûle rien et n'émet pratiquement pas de gaz à effet de serre en exploitation.

La géothermie de très basse énergie, entre quelques mètres et 200 mètres, exploite un sous-sol à 10 ou 15 degrés. Cette température ne suffit pas à chauffer directement : elle alimente une pompe à chaleur, qui élève le niveau thermique. C'est le domaine des maisons individuelles et des petits bâtiments.
La géothermie de basse énergie, entre 500 et 2 000 mètres, capte une eau entre 30 et 90 degrés, utilisable directement dans un réseau de chaleur. L'Île-de-France, avec l'aquifère du Dogger, en est l'un des principaux terrains d'application en Europe : des dizaines de milliers de logements y sont chauffés ainsi depuis les années 1980.
Au-delà, la géothermie de haute énergie produit de la vapeur et donc de l'électricité, ce qui suppose un contexte géologique particulier, la France l'exploite en Guadeloupe.
Pour la géothermie profonde, le principe est celui du doublet : un puits producteur remonte l'eau chaude, un échangeur en extrait la chaleur, et un puits injecteur renvoie l'eau refroidie dans le même aquifère. L'eau est conservée dans son milieu, ce qui préserve la pression du réservoir et évite tout rejet.
Le point technique délicat est la corrosion et le dépôt : ces eaux sont souvent salées et chargées, et la durée de vie des installations dépend largement du traitement de ces phénomènes.
La géothermie de minime importance, moins de 200 mètres, puissance limitée, relève d'une télédéclaration, avec une carte réglementaire distinguant des zones où la déclaration suffit, d'autres où l'avis d'un expert agréé est requis, et d'autres encore soumises à un régime plus lourd.
Au-delà, le code minier s'applique, avec autorisation de recherche puis d'exploitation. Le risque principal n'est pas la profondeur mais la mise en communication accidentelle de deux nappes, ou le gonflement de couches sensibles traversées par un forage mal réalisé, des sinistres bien documentés qui justifient l'exigence d'entreprises qualifiées.
Une production continue, indépendante du vent, du soleil et de la saison ; une emprise au sol très faible une fois l'installation réalisée ; aucune émission en exploitation. En contrepartie, un investissement initial élevé et concentré sur le forage, une dépendance totale à la géologie locale, et des délais d'instruction longs.
C'est une énergie discrète, peu médiatisée, et qui chauffe pourtant des centaines de milliers de personnes en France sans que la plupart le sachent.


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